SUMO, ERGO SUM ! Je consomme donc je suis, soit !

Mais quel poids ai-je en tant que consommateur ?

Au Maroc, le consommateur dans le sens le plus large se trouve face aux distributeurs de biens et de service, sans aucune interface qui puissent réguler les relations entre les deux groupes.

La société civile a bien essayé de s’interposer, avec énormément de bonne volonté mais sans aucune efficacité.

Depuis l’action de Maître Fekkak lancée jusqu’aux dernières initiatives prises à travers le royaume, les associations de défense des consommateurs ont fait chou blanc !

Sans prétendre à l’exhaustivité, je peux citer les plus connues (s’il y en à d’autres à signaler, n’hésitez pas) :

• Association Atlas Sais • Association de Lutte contre la Corruption et la Protection du Consommateur • Association de Protection des Consommateurs • Association Marocaine des Consommateurs • Association Marocaine pour la Défense du Consommateur et la Protection de l'Environnement • Association Marocaine pour la Protection et l'Orientation du Consommateur • Ligue Nationale de Protection du Consommateur • Association de Protection du Consommateur et du développement • Association de Protection du Consommateur de la région Marrakech Tensift Al Haouz • Association de Protection des Consommateurs Club Tétouan Asmir.

Face donc à cette absence de résultats recherchés par la société civile, il faudrait que les organisations politiques prennent le relais.

Défendre le consommateur, c’est défendre le citoyen, sans distinction d’idéologie ! C’est donc faire un acte politique dans le sens le plus noble du terme !

Dans d’autres pays, des hommes politiques ont pris en main cette mission et ont pesé de tous leurs poids pour la réussir. Le président Kennedy en est l’exemple le plus emblématique, par sa proposition, faite en 1962, de reconnaître par le loi les quatre droits fondamentaux des consommateurs :

• le droit à la sécurité, en élimant les plus de risques possibles dans ce qui est proposé à la consommation. • le droit à l’information, afin que le consommateur soit en pleine connaissance de cause de qu’il consomme. • le droit de choisir, qui découle du droit de l’information et permet à chacun d’opérer le choix qu’il estime le meilleur pour lui. • le droit d’être entendu, qui permettre au consommateur de poursuivre où le prestataire de services ou de produits dans le cas où il ne se conforme pas aux règles en vigueur.

Pour revenir au cas de notre pays, quand je parle de consommateur dans le sens le plus large, je veux parler d’acheteurs de produits, de loueurs de prestations, d’usagers de services, publics ou privés.

Bien sûr, les prix de certains produits ou certains services sont fixés par l’état !

Mais nous savons tous que la réalité est loin d’être conforme à ce que les textes prescrivent

L’exemple du pain est le plus significatif. Le pain courant est vendu à DH 1,20 mais la qualité et le poids de la farine utilisée ne répondent pas toujours aux normes ! Mais qui s’en plaint ? Et à qui s’en plaindre ?

Ces derniers jours, nous avons eu un exemple flagrant d’un autre genre : l’O.N.C.F. qui se comporte avec ses clients-usagers avec un laisser-aller plus que condamnable et qui se permet en plus de les menacer de poursuites judiciaires pour avoir oser manifester leur mécontentement. Bien sûr, bloquer un train est un acte grave mais laisser sur les quais, chaque jour, des centaines de passagers porteurs de cartes d’abonnement n’est-il pas tout aussi grave ?

Alors une loi pourrait-elle régler ce genre de problème ? Un projet traîne dans les dédales des ministères et des institutions législatives sans qu’on puisse en connaître le sort exact. Il n’est pas déraisonnable de croire que certains lobbies sont la cause de ce laxisme.

Dans le fonctionnement de notre système, même l’existence d’une loi, aussi complète soit-elle, ne sera efficace que si son application est garantie ! Ce qui loin d’être le cas.

Ainsi faut-il rappeler le problème des « normes marocaines » dont à peine une très infime partie est obligatoire et on sait en fait si elle est effectivement appliquée !

Alors, Messieurs les politiciens, messieurs les chefs de partis, puisque vous n’avez plus d’idéologie nouvelle à nous proposer, puisque vous n’avez pas de programmes sérieux à appliquer, contentez-vous de nous défendre, nous les consommateurs !

Nous sommes votre « clientèle » malgré nous !