Les derniers mois ont enregistré une tension qui s’est transformée un affrontement entre la presse écrite et les pouvoirs publics.

Les pouvoirs publics semblent avoir remporté la première manche de cette bataille : en effet, les condamnations ont plu, sévères, le plus souvent financières, sous forme de dommages et intérêts parfois très lourds. Une publication a même dû mettre la clef sous le paillasson!

Non, malgré les apparences trompeuses !

L’histoire à travers le monde a prouvé que la liberté de la presse était un phénomène certes inéluctable, mais tributaire d’une presse compétente et de qualité, au-dessus des règlements de compte personnels ou partisans !

Pour tenter de désamorcer la situation, ces derniers jours, les parlementaires ont ouvert le dialogue avec les professionnels de la presse écrite !

Ainsi, à l’initiative des groupes parlementaires du P.A.M., de l’U.S.F.P. et du P.I., des rencontres ont été organisées avec les représentants du ministère de la communication, de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (F.M.E.J.) et du Syndicat national de la presse (S.N.P.M).

Qu’en est-il sorti ?

A première vue, pas grand-chose, sinon une promesse de la tenue d’états généraux sur la presse !

Serait-ce suffisant pour débloquer un situation que de nombreux goulots d’étranglement continuent à étouffer ?

L’environnement général a énormément changé ces dernières années, avec l’apparition et le développement incontrôlables des nouvelles technologies de l’information et de la communication ! Rien ne peut plus se cacher ! Rien ne peut plus être censuré !

L’environnement juridique, mal défini dans ses textes, et l’environnement juridictionnel, mal préparé à l’application de ces textes, sont les premiers éléments qui favorisent ce climat de tension et qui entraînent des réactions parfois disproportionnées. Le nouveau ministre de la Justice semble d’ailleurs avoir pris conscience de ce problème de compétence des juges en matière de médias

L’environnement professionnel, marqué d’un coté par des médias entièrement entre les mains de l’état, de la M.A.P. à la S.N.R.T., et de médias partisans ou privés, et d’un autre coté par un manque réel et dramatique de compétence dans les deux catégories, fait que la profession de journaliste évolue dans le flou le plus total, où la méritocratie n’est pas reconnue !

L’environnement économique de la presse écrite est tout aussi sujet à question, sinon à caution ! Rien n’y est clair. Quel titre appartient à qui ? Quel titre vend combien d’exemplaires ? Quelle est la situation financière, fiscale et sociale de telle ou telle publication ? Quel est le sort exact des journalistes, leurs salaires, leur situation administrative vis-à-vis des instances publiques, notamment le CNSS ? Bien prétentieux celui qui pourrait donner une réponse convaincante !

La presse a posé et continue à poser des problèmes à tous les pays et à tous les régimes : le Maroc ne fait pas exception !

Rappelons il y a quelques années la presse,les médias américains, les plus libres du monde, ont fait allégeance à Bush et sa politique en raison des dangers, réels ou supposés, posés par le terrorisme d’abord puis par les chimériques A.D.M. irakiennes !

La presse étant un élément fondamentale de la vie politique dans un état normalement constitué, il est temps, il est plus qu’urgent que tout cela soit réglé une bonne fois pour toutes, que chacun connaisse ses droits et ses devoirs, ses pouvoirs et leurs limites et son rôle et la manière de le jouer !