Si vous voulez entendre certaines vérités en matière de politique intérieure, il vaut mieux prêter attention aux déclarations des vieux sages qui n’ont plus rien à perdre plutôt qu’aux leaders en activité, que l’ambition personnelle anime !

Ainsi dans une interview accordée à LE JOURNAL HEBDO et menée par Hicham Bennani, le professeur Mohamed LAHBABI, leader historique bien que discret de la gauche marocain, assène du haut de ses respectables 85 printemps, un flot de vérités conforme à l’attitude qu’il a toujours eu dans sa vie de militant.

Dur avec les siens, il traite El Yazghi de « petit Staline, avec tous les défauts de Staline et sans ses qualités », ramène Oulalou à sa juste valeur en affirmant que lui-même « n’aurait pas accepté d’être maire de la capitale du Maroc avec moins de cinq pour cent des voix ».

Mohamed LAHBABI n'épargne pas le makhzen qu’il a combattu toute sa vie en affirmant que « le makhzen rabaisse les partis et les hommes à la soumission et non pas à la dignité ».

Mais le sage sait aussi reconnaître les faiblesses des partis politiques et de leurs dirigeants : « c’est la soumission et la voracité pour bénéficier des biens matériels et politiques ».

Il reste pourtant optimiste sur l’avenir du pays qui se réalisera dans le cadre d’une « monarchie de citoyenneté » s’appuyant sur un socle politique de « trois grands partis : un parti de la gauche musulmane (USFP, Istiqlal, PPS), un parti de la droite musulmane (PJD, Al Adl Wal Ihssane) et un parti de la modernisation du makhzen (PAM)».

Il y croit parce que, selon le vieux leader, « le peuple marocain veut un pouvoir monarchique. Il veut que l’on respecte sa religion de façon moderne. En même temps, il est assoiffé de progrès et de dignité ».

Peu d’hommes politiques en activité peuvent tenir des propos aussi rafraîchissants ! Merci monsieur le professeur, vous n'avez pas changé!

P.S. : je ne suis pas un fan du Journal Hebdo, mais je tenais à signaler cette interview !